Décret BACS : le vrai coût de l’inaction est désormais chiffré
Cela n’est pas nouveau, mais il est toujours utile de valoriser des outils concrets à destination des gestionnaires d’actifs immobilier. L’ANAP met à disposition sur son site un outil particulièrement éclairant : un simulateur permettant de calculer le coût de l’inaction vis-à-vis du décret BACS et des obligations Éco Énergie Tertiaire.
Et le constat est sans appel.
Nous ne sommes plus dans une logique réglementaire abstraite.
Nous sommes face à un risque financier massif, cumulatif et structurel.
Ce que montre concrètement l’outil
Le fichier proposé par l’ANAP repose sur une logique simple mais redoutablement efficace :
Année de référence (ex : 2018)
Consommations énergétiques initiales (électricité, chaleur, etc.)
Projection des hausses de prix de l’énergie
Objectifs réglementaires 2030 / 2040 / 2050
Comparaison entre :
Un scénario “inaction”
Un scénario “pilotage et optimisation”
Le simulateur intègre notamment :
L’évolution tendancielle des coûts énergétiques,
Les trajectoires de réduction Éco Énergie Tertiaire,
Les impacts cumulés sur plusieurs décennies,
La valeur actualisée des surcoûts.
👉 Ce n’est pas un simple tableur. C’est une machine à révéler les pertes cachées.
Le coût de l’inaction : triple peine pour les asset managers
L’outil met en lumière trois impacts majeurs :
1 / Explosion mécanique des dépenses énergétiques
Sans pilotage actif :
Dérives de consignes,
Équipements en fonctionnement hors occupation,
Défauts de régulation,
Absence d’analyse des données.
Résultat :
Des dérives de 10 à 25 % sont fréquentes sur des bâtiments non pilotés finement.
Avec l’augmentation structurelle du prix de l’énergie, ces écarts deviennent exponentiels sur 10 ou 20 ans.
Ce que l’outil montre très clairement :
le surcoût cumulé dépasse largement le coût d’investissement d’un système BACS performant.
2 / Risque réglementaire croissant (Décret BACS + Décret Tertiaire)
Le décret BACS impose la mise en place de systèmes d’automatisation et de contrôle dans les bâtiments tertiaires.
Mais au-delà de l’obligation :
👉 Le BACS est le levier opérationnel indispensable pour atteindre les objectifs du décret tertiaire.
Sans suivi en temps réel, alertes de dérive, analyse des données, pilotage dynamique, les objectifs -40 % en 2030 deviennent extrêmement difficiles à atteindre.
L’inaction aujourd’hui, c’est :
Un risque de non-conformité,
Une exposition réputationnelle,
Une dévalorisation d’actifs.
3 / Perte de valeur patrimoniale
Un bâtiment non piloté, énergivore, mal classé, non aligné avec les trajectoires carbone,
Devient progressivement un actif à risque.
Dans un contexte où :
Les investisseurs intègrent les critères ESG,
Les locataires demandent des preuves de performance,
La taxonomie européenne renforce les exigences,
Le coût de l’inaction dépasse la seule facture énergétique , c’est un sujet de valorisation patrimoniale.
Ce que révèle vraiment le simulateur
Le point le plus intéressant de l’outil ANAP n’est pas le chiffre annuel.
C’est la vision cumulée sur 15 à 25 ans.
Sur cette durée, on observe :
Des millions d’euros de surcoût sur des patrimoines importants,
Un effet boule de neige lié à la hausse des prix,
Un écart qui se creuse année après année entre “piloté” et “non piloté”.
En clair :
Le coût de l’inaction est invisible à court terme, il devient massif à moyen terme et critique à long terme.
Le décret BACS n’est pas une contrainte technique
Il est souvent perçu comme :
Une obligation supplémentaire,
Un coût d’investissement,
Un projet technique complexe.
Mais en réalité, c’est :
Un outil de pilotage stratégique,
Un accélérateur de conformité décret tertiaire,
Un amortisseur contre la volatilité énergétique,
Un levier immédiat de réduction des charges.
Un BACS bien conçu permet :
✔ Détection automatique des dérives
✔ Optimisation des consignes
✔ Réduction des heures inutiles
✔ Reporting réglementaire simplifié
✔ Préparation des audits énergétiques
Message aux gestionnaires d’actifs immobiliers
Attendre coûte plus cher qu’agir.
Et plus on attend :
Plus l’écart financier se creuse,
Plus l’effort à fournir sera brutal,
Plus le risque réglementaire augmente.
Le simulateur de l’ANAP met enfin des chiffres sur une réalité que beaucoup pressentaient :
L’inaction n’est pas neutre.
Elle est structurellement destructrice de valeur.
La vraie question
La question n’est plus :
“Doit-on appliquer le décret BACS ?”
Mais :
“Combien nous coûte chaque année supplémentaire sans pilotage actif ?”
Si vous gérez un patrimoine tertiaire, le moment n’est plus à la réflexion théorique.
Il est à la stratégie :
Audit de maturité GTB,
Priorisation des sites,
Déploiement progressif,
Intégration dans la trajectoire décret tertiaire,
Pilotage par la donnée.
Parce qu’en 2026, 2027 ou 2028…
le coût de l’inaction sera déjà inscrit dans vos comptes.
Et lui, ne négociera pas.

